Définition du problème
Les émissions des moteurs d’aéronefs
sont comparables aux autres émissions résultant
de la combustion de combustibles fossiles. Cependant, elles
ont ceci de particulier qu’elles sont en grande partie
produites en altitude. Leur incidence globale et leur effet
local sur la qualité de l’air au niveau du
sol soulèvent d’importantes préoccupations
environnementales.
Une évaluation complète de la responsabilité
de l’aviation dans les problèmes atmosphériques
mondiaux est présentée dans le rapport spécial
intitulé
L’aviation et l’atmosphère planétaire,
qui a été produit à la demande de l’OACI
par le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution
du climat (GIEC) en collaboration avec le Groupe d’experts
de l’évaluation scientifique du Protocole de
Montréal relatif à des substances qui appauvrissent
la couche d’ozone. Ce rapport, publié en 1999,
précise entre autres :
- que les aéronefs émettent des gaz et des
particules qui modifient la concentration des gaz à
effet de serre dans l’atmosphère, déclenchent
la formation de traînées de condensation
et peuvent augmenter la nébulosité en cirrus,
tout cela contribuant à des changements climatiques
;
- que, selon les estimations, les aéronefs sont
responsables d’environ 3,5 % du forçage radiatif
(mesure du changement climatique) total issu de toutes
les activités anthropogènes et que ce pourcentage,
qui n’inclut pas les changements possibles de la
nébulosité en cirrus, va sans doute s’accroître.
Ce rapport reconnaissait que les incidences de certains
types d’émissions d’aéronefs sont
bien comprises mais révélait aussi que les
effets d’autres émissions ne le sont pas et
énumérait un certain nombre de domaines clés
d’incertitudes scientifiques qui limitent la capacité
de projeter les incidences de l’aviation sur le climat
et l’ozone.
Dans ce contexte, l’Assemblée de l’OACI,
en 2001, a instamment prié les États d’encourager
la recherche scientifique visant à lever les incertitudes
indiquées dans le rapport et demandé au Conseil
de continuer de coopérer étroitement avec
le GIEC et les autres organisations qui cherchent à
déterminer la contribution de l’aviation aux
problèmes environnementaux concernant l’atmosphère
et de prendre des initiatives en vue d’une compréhension
scientifique des problèmes [Résolution
A35-5 de l’Assemblée (PDF), Appendice H].
Cette demande a été réitérée
par l’Assemblée en 2007 [Résolution
A36-22 de l’Assemblée (PDF), Appendice
I]. L’OACI a demandé au GIEC d’inclure
une mise à jour des principales conclusions du rapport
de 1999 dans son quatrième rapport d’évaluation
(IPCC AR4), publié en 2007.
Les nouvelles conclusions présentées dans
le rapport IPCC AR4 qui concernent les émissions
de l’aviation révèlent entre autres
que :
- grâce au progrès des connaissances scientifiques
et à la disponibilité de données
plus récentes, les estimations des incidences des
traînées de condensation sur le climat ont
été revues à la baisse, et l’on
estime aujourd’hui qu’en 2005 les aéronefs
ont contribué pour environ 3 % du total du forçage
radiatif anthropogénique dû à l’ensemble
des activités humaines ;
- le total des émissions de CO2
de l’aviation représente environ 2 % des
émissions de gaz à effet de serre à
l’échelle mondiale ;
- le volume d’émissions de CO2
provenant de l’aviation devrait augmenter d’environ
3 à 4 % par année ;
- l’amélioration du rendement du carburant
pourrait éventuellement produire une atténuation
à moyen terme des émissions de CO2
provenant du secteur aéronautique. Cependant, on
pense que ces améliorations ne compenseront que
partiellement l’augmentation des émissions
de CO2 de l’aviation.
Le GIEC a commencé l’élaboration du
cinquième rapport d’évaluation (AR5),
qui devrait être terminé en 2014. L’OACI
a participé au processus du GIEC pour veiller à
ce que les questions relatives à la compréhension
scientifique de l’incidence de l’aviation sur
le climat mondial soient prises en compte dans le rapport
AR5.
Portée
étendue des politiques
Dans le passé, les politiques de l’OACI concernant
l’impact environnemental des émissions des
moteurs d’aviation portaient principalement sur les
effets au niveau du sol. Plus récemment, l’Organisation
en a élargi la portée de manière à
inclure l’incidence mondiale de ces émissions.
À cet égard, le Protocole
de Kyoto (PDF) (1997) à la Convention-cadre
des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC)
revêt une importance particulière. Selon ce
protocole, qui est entré en vigueur le 16 février
2005, les pays énumérés dans l’Annexe
I à la Convention (pays industrialisés) doivent
réduire leurs émissions globales de six gaz
à effet de serre, celui qui vise le plus l’aviation
étant le gaz carbonique (CO2
). Les émissions provenant de l’aviation internationale
sont actuellement exclues des valeurs cibles. À la
place, l’article 2, paragraphe 2, du Protocole de
Kyoto dispose que la responsabilité de la limitation
ou de la réduction des émissions de gaz à
effet de serre provenant de combustibles de soute de l’aviation
incombe aux parties énumérées dans
l’Annexe I, travaillant dans le cadre de l’OACI.
En 2007, l’Assemblée de l’OACI a demandé
au Conseil [Résolution
A36-22 de l’Assemblée (PDF), Appendice
K] de continuer à étudier des options de politique
pour limiter ou réduire l’incidence des émissions
des moteurs d’aviation sur l’environnement,
et à élaborer des propositions concrètes
et fournir dès que possible des avis à la
Conférence des Parties à la CCNUCC. Elle a
également demandé qu’un accent particulier
soit mis sur l’utilisation de solutions techniques
tout en poursuivant l’examen de mesures fondées
sur le marché et en tenant compte des incidences
possibles pour les pays en développement et les pays
développés. Voir « Changements climatiques
» (lien vers « Changements climatiques »
dans le menu principal) pour de plus amples renseignements.