CONTEXTE
Depuis la Conférence mondiale de transport
aérien de l'OACI qui a été tenue en 1994,
l'industrie du transport aérien et sa réglementation
ont subi d'importants changements. La libéralisation de
la réglementation, en particulier, a beaucoup progressé,
tant au niveau bilatéral qu'au niveau régional.
En décembre 2000, près de 80 accords bilatéraux
de « ciel ouvert » avaient été
conclus entre une soixantaine de pays. Plus de la moitié
de ces accords associaient des pays en développement et
des pays industrialisés, et 11 d'entre eux engageaient
uniquement des pays en développement. Au niveau régional,
on comptait seulement deux accords de libéralisation régionaux
ou sous-régionaux avant la conférence de 1994 (c.-à-d.
l'Union européenne et le Pacte andin); depuis, huit autres
arrangements ont vu le jour un peu partout sur la planète (au
niveau régional, mentionnons l'accord de libéralisation
ratifié en 1998 par 16 États de la Commission arabe
de l'aviation civile et la décision ministérielle
de Yamoussoukro II, en novembre 1999, qui vise la libéralisation
graduelle pour les 53 États africains).
Soulignons également la participation
accrue de certaines autres organisations internationales, surtout
de l'Organisation mondiale du commerce (OMC), au débats
sur les questions touchant le transport aérien. En 2000,
l'OMC a entamé un processus d'examen de l'Accord
général sur le commerce des services (AGCS), qui renferme
une annexe sur les services de transport aérien, dans le
but d'élargir éventuellement son champ d'application.
De ce processus, il est ressorti que certains membres de l'OMC
envisageaient d'inclure dans l'annexe sur les services de transport
aérien non seulement des droits auxiliaires comme les « services
aéroportuaires », mais également certains
aspects des « droits essentiels » ou droits
de trafic.
La libéralisation du transport aérien
a fait l'objet d'initiatives d'autres forums : soulignons
l'élaboration de modèles d'accord bilatéral
et multilatéral sur la libéralisation du transport
aérien du fret par l'Organisation de coopération
et de développement économiques (OCDE), le dépôt
à l'OMC d'une proposition d'annexe à l'AGCS sur
le tourisme appuyée par l'Organisation mondiale du tourisme
et la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le
développement (CNUCED), ainsi que la signature récente
d'un accord de « ciel ouvert » plurilatéral
par cinq membres du Forum de coopération économique
Asie-Pacifique (APEC).
L'industrie du transport aérien, qui
évolue dans un environnement de plus en plus concurrentiel,
a également subi d'importantes transformations. Les alliances
de transporteurs et les accords de partage de codes continuent
de se multiplier, et nombreux sont ceux qui comprennent des investissements
sous forme de participation réciproque au capital social.
Selon le magazine Airline Business, on dénombrait
en juin 2000 un total de 579 alliances, de teneur et de portée
très variables, engageant 200 transporteurs. On a également
assisté, au cours des dernières années, à
la formation de plusieurs alliances internationales concurrentes.
Il faut aussi mentionner l'augmentation substantielle de l'utilisation
des aéronefs loués. Par ailleurs, le développement
des technologies de l'information a eu de profondes répercussions
sur la façon dont les compagnies aériennes exercent
leurs activités. Outre l'usage généralisé
des systèmes informatisés de réservation
(SIR), celui d'Internet et de la billetterie électronique
croît à un rythme accéléré.
Toutes ces évolutions ont eu des incidences sur la réglementation,
que ce soit dans le domaine de l'accès au marché,
de la propriété et du contrôle, de la concurrence,
de la sûreté, de la sécurité ou de
la responsabilité.
On remarque depuis quelques années un
recours de plus en plus fréquent aux lois sur la concurrence
pour gérer les activités du secteur du transport
aérien. De plus, les contraintes de capacité aux
aéroports et dans l'espace aérien deviennent un
enjeu important pour la poursuite de l'expansion du transport
aérien et produisent un effet d'entraînement à
l'échelle mondiale. Les questions environnementales concernant
l'aviation civile, notamment les options fondées sur le
marché comme les redevances, les taxes et l'échange
de droits d'émissions, ont également continué
d'attirer l'attention des gouvernements et des autres parties
intéressées, ajoutant une nouvelle dimension à
la réglementation du transport aérien.
Dans ce contexte, les gouvernements et l'industrie
en appellent de plus en plus une réforme du régime
de réglementation existant. Il faut le souligner, de nombreux
intervenants ont dit souhaiter que cette réforme soit coordonnée
par l'OACI au niveau international et non laissée à
la discrétion d'autres organismes.
Les événements qui se sont produits
aux États-Unis le 11 septembre 2001 ont eu d'importantes
conséquences sur les économies mondiales et sur
l'aviation civile en particulier. Ils ont soulevé de nouveaux
problèmes qui devront être réglés,
comme l'assurance contre les risques de guerre et l'impact des
exigences de sécurité accrues sur l'industrie, les
consommateurs et la main-d'oeuvre. La Conférence donnera
aux participants l'occasion d'examiner toutes les questions pertinentes
et contemporaines, y compris les mesures de sauvegarde pour assurer
la sécurité et la sûreté dans un cadre
global pour la libéralisation progressive du transport
aérien.